A l'occasion de l'exposition "Carte blanche à Camille Henrot", Days are Dogs au Palais de Tokyo Du 18/10/2017 au 07/01/2018

Retour sur quelques films de Camille Henrot (née à Paris en 1978, vit à New York) produits par Première Heure 

Le grand troupeau (2006)

Film Spatial (dans l'atelier de Yona Friedman) (2007) 

Moutain for president (musique de Joachim x Sébastien Tellier) (2007) 

Intitulée « Days are Dogs », l’exposition invite les visiteurs à s’interroger sur les rapports d'autorité, les fictions et les définitions qui régissent notre existence.

"Les années sont mesurées par le voyage de la Terre autour du Soleil ; les mois dérivent du cycle de la Lune ; les jours correspondent à une rotation de la Terre. La semaine est, par contraste, une fiction, une invention humaine – ce qui ne diminue pas pour autant ses effets psychologiques et émotionnels. Nous en faisons l’expérience comme d’un récit cyclique, structuré par les qualités particulières des jours qui la composent. Chaque section de l’exposition correspond à un jour de la semaine ; chacune est semblable à un monde ouvert où les conventions, les émotions et la liberté de l'individu sont confrontées les unes aux autres de manière ludique. Les jours tirent leurs noms d’éléments naturels ou de la mythologie – la Lune pour lundi, le dieu Mars pour mardi, le dieu Mercure pour mercredi... Or, c'est au sein d’une nouvelle mythologie, à la fois contemporaine et intemporelle, que le visiteur vient s'intégrer ; une mythologie à l'âge de l'Internet, qui voit les émotions marquées du hashtag de chaque jour. L'ensemble opère donc par composition et recomposition d'archipels d'oeuvres – celles de Camille Henrot, dont certaines inédites, mais aussi celles d'autres artistes internationaux, avec lesquels elle entretient un dialogue fécond, et qui viennent ouvrir le champ de chaque jour.

L’exposition explore comment la semaine et les jours qui la composent structurent notre rapport au temps. Elle révèle la manière dont cette invention nous rassure – en nous offrant un cadre commun et des routines – autant qu’elle nous aliène – en instaurant un ensemble de contraintes et de dépendances. Intitulée « Days are Dogs » en référence, notamment, à l’expression anglaise « Dog Days » qui désigne les jours de canicule, l’exposition se déroule en sept grandes parties thématiques. Chacune est consacrée à un jour de la semaine, allégorie d’un ensemble d’émotions et d’actions dont les œuvres se font l’écho. La structure des jours de la semaine, qui nous apparait comme une évidence, révèle son origine, celle d’une construction narrative issue de la mythologie : la lune pour lundi, Mars pour mardi, Mercure pour mercredi, Jupiter pour jeudi…

À travers le choix de cette structure, l’une des plus banales de notre vie quotidienne, c’est notre rapport aux dépendances, les frustrations et les désirs qui rythment la vie qui sont parcourus. L’exposition explore ainsi des notions telles que la soumission ou la révolte, tant à une échelle intime, au sein des relations affectives ou sexuelles par exemple, qu’à une échelle collective dans un contexte d’hyperconnectivité où les rapports de force sociaux, économiques, culturels et idéologiques sont exacerbés. Cette hyperconnectivité s’applique aussi au langage, lors des échanges sur les réseaux sociaux par exemple, dans lesquels les intensités des vies privée et publique se trouvent mêlées. Convoquant une large palette de médiums – sculptures, dessins, vidéos, installations – et se référant pour son exposition au Palais de Tokyo tant à l’origine du bâtiment qu’à sa qualité de « palais baroque » (en présentant mosaïques, fresques et bronzes), l’exposition met en scène de nombreuses œuvres inédites, notamment Saturday, son film le plus conséquent depuis Grosse Fatigue (2013, primé à la Biennale de Venise). Elle inclue également un ensemble de travaux récents conçus en prévision de cette carte blanche. Le travail de l’artiste, qui bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance internationale, a été exposé dès 2007 au Palais de Tokyo, et ce à plusieurs reprises."

Commissaire : Daria de Beauvais

Palais de Tokyo 

Kamel Mennour