Olivier Saillard is a writer and fashion historian.

He is currently the director of the Palais Galliera, the Paris fashion museum and between 2012 and 2015 he staged three performances in collaboration with academy award winning actress Tilda Swinton and artist and photographer Katerina Jebb : The Invisible Wardrobe, The Eternity Dress and The Cloakroom.

In 2015 he also conceived with celebrated opera director Robert Carsen the Louis Vuitton retrospective ‘Volez Voguez Voyager’ at the Grand Palais. This year Saillard will present during the Paris Festival d'Automne 'Sur-Exposition' a performance in collaboration with Tilda Swinton and Charlotte Rampling which will explore the photographic collection of the Musée Galliera.

In 2012 Premiere Heure / Psycho produced a film 'The Future will last a very long Time' by Katerina Jebb which accompanied Saillard and Swinton’s collaboration 'The Invisible Wardrobe' and in 2015 Premiere Heure / Wacko produced the film Louis Vuitton - Never Ending Story with directors Metz and Racine which was screened throughout the Grand Palais retrospective. In 2010 Première Heure, Schmooze and Dazed Digital collaborated on a film with photographer and director Glen Luchford and actress Tilda Swinton inspired by the work of German director Rainer Maria Fassbinder with music by Nick Cave.

J.S : In artistic terms what kind of relationship does the word ‘collaboration’ evoke for you ?

O.S : All creative endeavor for me is a collaborative exercise, ending with the gaze of the visitor or spectator.  A work of art is a negative that becomes a positive when this gazes falls upon it. Whether it is with models or actresses or photographers, I always think of a collaborator as a friend who might contradict me and allow me to understand a territory as yet unexplored.

J.S : You have worked with Katerina over many years ! How did you meet ? What do you appreciate and admire in her personality and in her work ?

O.S : I have always thought of Katerina as my photographic alter ego. I work with words and with memory and Katerina works with a form of visual archeology. I love her photographs , I wish I could have taken them myself. They capture a memory as it forms. I met Kat at the opening of an exhibition at the museum of Decorative Arts in Paris dedicated to the fashion designer Chistian Lacroix. I had already exhibted her first photographic works without having met her in another show about Andy Warhol and fashion.

J.S : It feels like you have found your dream collaborator in Tilda Swinton. Can you sum up in a few words how your collaborations with her have evolved in  both practical and artistic terms ?

O.S : More than just a collaborator, Tilda is also an authoress. We face eachother like mirrors which at times reflect and at others distort.
I always feel that when I am with her we form a musical company, gathered together in the studio to compose the melody of the moment. I arrive with my words and feelings, and Tilda then translates these with her body, and her gestures go beyond the original sentence as we write it.
I have a passionate admiration for Tilda. When I think of the performance it is with her face both as page and margin that my hand traces the storyboard. I love the quality of out intellectual and artistic exchanges. I love the warmth of her enthousiasm and of course her inspiring physical appearence which makes me think of an extraterrestrial who has lost its way.

J.S : You also collaborated with the director Robert Carsen on the Louis Vuitton exhibition ‘Volez Voguez Voyager’. How did this working relationship evolve and what did you appreciate particularly about this collaboration.

O.S : Robert is a little like the  poison and the antidote at the same time,  that to which I  aspire and yet from which I forbid myself. I love his eloquence, his grandiloquence and the majesty he deploys on each project with the same intensity whatever the subject or the situation.

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FRENCH VERSION 

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Olivier Saillard est un écrivain et un historien de la mode.
Il est actuellement le directeur du Palais Galliera et du musée de la mode de Paris où, entre 2012 et 2015, il met en scène trois spectacles en collaboration avec l' actrice Tilda Swinton et l'artiste et photographe Katerina Jebb : The Invisible Wardrobe, The Eternity Dress et The Cloakroom.
En 2015, il collabore avec le directeur de l'opéra Robert Carsen et conçoit la rétrospective Louis Vuitton "Volez Voguez Voyager" au Grand Palais.
En 2012 , Psycho, l'un des labels de Première Heure produit le  film de Katerina Jebb  " The Future will last a very long Time " accompagnant la collaboration entre Saillard et Swinton sur " The Wardrobe Invisible " et en 2015 Wacko, un autre label de Première Heure,  produit le film Louis Vuitton - Never Ending Story réalisé par Metz et de Racine et qui sera projeté lors de la rétrospective Louis Vuitton au Grand Palais .
En 2010 Première Heure / Schmooze et Dazed Digital collaborent sur un film avec le photographe et réalisateur Glen Luchford et l'actrice Tilda Swinton inspiré par le travail de metteur en scène allemand Rainer Maria Fassbinder sur une musique de Nick Cave.

J.S : Dans un contexte artistique le mot 'collaboration' évoque quel genre de rapport pour toi?

O.S : Toute création est une collaboration qui se termine par le regard du visiteurs ou du spectateur et qui agit comme un récepteur. Une œuvre est un négatif qui devient positif par le regard qui se pose sur elle.

Qu’il s’agisse des mannequins, des comédiennes, des actrices ou des photographes, je recherche dans la collaboration une amitié qui pourrait me contredire et me faire avancer sur un territoire de connaissance que j’ignore encore.

J.S : Avec Katerina c'est une longue histoire! Comment vous vous êtes rencontrés ? Qu'est – ce que vous admirez chez elle  personnellement et artistiquement?

O.S :  J’ai toujours pensé que Katerina était mon alter ego photographique. Je travaille sur les mots et sur le souvenir et Katerina travaille sur une forme d’archéologie visuelle.
Ses photos sont ce que j’aime le plus, ce que j’aurai aimé faire moi-même. Une forme d’état émergent du souvenir.
J’ai rencontré Kate à l’occasion d’une exposition aux Arts Décoratifs consacrés à Christian Lacroix. J’avais exposé ses premiers travaux sans la connaître dans une expo dédiée à Andy Warhol et à la mode.

J.S : Avec Tilda on a l'impression que tu as trouvé une collaboratrice de rêve! Tu peux résumer  un  tout petit peu votre manière de collaborer en termes pratiques et artistiques ?

O.S : Plus qu’une collaboratrice, Tilda est une auteur . Nous nous retrouvons comme des miroirs parfois convexes et parfois limpides.
J’ai avec elle l’impression que nous formons un groupe de musique qui se retrouve pour composer en studio le morceau du moment.
J’arrive avec des mots, des intuitions, Tilda traduit avec son corps. Ses gestes dépassent la phrase d’origine que nous écrivons au fur et à mesure.
J’ai pour elle une admiration irraisonnée. Lorsque je pense à la performance c’est avec son visage en fond ou en marge que ma main trace le story board.
J’aime la qualité de nos échanges intellectuels et artistiques. J’aime la chaleur de ses enthousiasmes et bien évidemment la plastique d’extraterrestre perdue qu’elle m’évoque et m'inspire.

J.S : La collaboration avec le metteur en scène Robert Carsen pour l'exposition LV – comment vous avez travaillé ensemble et qu'est-ce que vous avez  particulièrement apprécié dans cette collaboration?

O.S : Robert est un peu mon poison et mon antidote, ce vers quoi j’aimerais aller et ce dont je m’interdit. J’aime son éloquence, sa grandiloquence, sa souveraineté à l’intérieur des projets qu’il déploie avec une même intensité quelque soit le sujet ou le lieu…