Rencontre avec Guillaume Le Goff à propos de la 2e édition du Paris Surf & Skateboard Film Festival (21—24.09.17) au Cinéma Etoiles Lilas, Paris 20e

Guillaume, peux tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas déjà ?

Alors Guillaume Le Goff, 43 ans, ancien cofondateur et rédacteur en chef du magazine Clark, passionné de skate, de surf, d’art, de culture et de cinéma. Je vis et travaille à paris

C’est quoi le festival Paris Surf & Skateboard Film Festival ?

C’est le premier festival français de film inspiré par le surf et le skate board. Il ne s’agit donc pas de vidéos sur la technique comme on peut voir sur le site de Trasher, Surf Magazine, The Surfer’s Journal… ce sont vraiment des œuvres cinématographiques. On s’est rendu compte qu’il n’y avait pas à Paris, à contrario de villes comme Berlin, Londres, Rio ou Los Angeles, un vrai rendez-vous pour les passionnés de cinéma. Et il se trouve que ces deux pratiques sont en train de se développer depuis quelques années et particulièrement récemment avec le développement de la technique… Ce sont donc de vrais projets qui méritaient d’être vues en salles de cinéma, dans des vraies conditions de salles de cinéma. Tout le monde se souvient des films de Larry Clark ou de « Lords of Dogtown » ( réalisé par Catherine Hardwicke ) qui ont marqué des générations mais, là, vraiment, depuis deux, trois ans, il y a un volume de production qui méritait qu’on les retrouve dans une salle de ciné et, autour de ça, nous, on avait envie de réunir les 2 communautés et les passionnés de cinéma dans un évènement. L’année dernière au Mk2 bibliothèque et cette année à L’Etoile Lilas.

Quels étaient les films sélectionnés cette année ?

Alors, déjà, on a une équipe de programmation à qui il faut rendre hommage parce qu’on a lancé, comme tout bon festival de films, un appel aux films fin avril et on a reçu plus d’une soixantaine de propositions du monde entier. A la fois des longs métrages, des documentaires et des courts pour deux catégories de prix. Il y a en tout 4 prix : un prix du long métrage documentaire surf, un prix du long métrage documentaire skate et un prix court métrage skate et un prix court métrage surf. En général, ce sont plutôt des documentaires qu’on reçoit sur des longs formats : cette année on en avait 16. Pour ouvrir le festival, nous avions choisi un film très attendu dans le milieu du surf mais aussi dans la communauté de la glisse : « Bunker 77 » de Takuji Massuda qui raconte l’histoire de Bunker Spreckels, un film qu’il a mis 15 ou 20 ans à faire. C’est vraiment l’œuvre de sa vie. Takuji, un réalisateur japonais qui vit à Malibu et qui est un énorme surfeur.

Tu peux nous parler de Bunker Spreckels ?

Bunker est à la fois un mythe du surf et un mythe de la culture californienne, mort tragiquement à 27 ans d’overdose après une vie de rock star. Petit fils par alliance de Clark Gable, fils héritier d’une des plus grosses familles américaines, une fortune colossale et qui a été un des premiers surfeurs de « gros » (qui surfe des très grosses vagues) avec une planche très particulière (très courte et plus épaisse, devenu depuis un standard.) On voit d’ailleurs au début du film Takuji interviewer Craig Stecyk, une autre légende qui a donné l’idée du film «  Lords of Dogtown » un documentaire sur la naissance du skate via le surf à Venice Beach (Los Angeles.) et donc Bunker Spreckels était là avant tout ça et, lui, ça a été la première méga star on va dire du surf mais aussi de la mythologie de LA.

Ce qui est amusant c’est qu’il devient également producteur du futur champion du monde de skate Tony Alva à la fin de sa vie …

Oui, tout est réuni dans ce film. C’est pour ça qu’il a passionné à la fois les fans de surf et de skate mais aussi les amoureux d’histoires incroyables et de cinéma parce qu’il y a effectivement tous les ingrédients pour être tenu en haleine du début à la fin. D’ailleurs, il y a un personnage dans le « Lords of Dogtown », qui est incarné par Johnny Knoxville (acteur de « Jackass »  et grand skateur) et qui joue le rôle de Bunker Spreckels. Donc Bunker prend sous son aile Tony Alva qui n’en demandait pas temps, lui le gamin des mauvais quartiers de Los Angeles, issu d’une famille détruite, et qui a été un des premiers héros de « Dogtown » (et toujours encore un des personnages centrale de la scène skate, égérie vans comme Christian hosoi qu’on voit témoigner dans le film)

Qui est le grand gagnant du festival cette année ?

Et bah justement, dans la catégorie surf il y a eu deux ex aequo finalement car le jury, présidé quand même par Shawn Stussy il faut le signaler (mentor de la scène skate et de la mode) n’a pas réussi à départager les deux vainqueurs qui sont « Biarritz Surf Gang » sur l’histoire d’une bande de surfeurs un peu loubards des années 80 à Biarritz, une histoire assez marrante qui a ressurgi et « Bunker 77 ». En skate ça a été le film « Virgin Blaktop » sur l’histoire d’une bande de potes que tout opposait à la naissance et qui se sont unis grâce au skate board à la fin des années 70 début 80 et qui sont restés potes malgré tout.

Qu’est ce qui t’a marqué cette année ?

Moi, c’est la présence de Shawn Stussy parmi nous : ça a été une énorme satisfaction d’avoir un mentor, une légende vivante, vraiment on peut le dire du surf, du skate et de la scène street culture life style international, qui s’est prêté au jeu et qui était là pour discuter avec les membres du jury, après il y a eu une très bonne programmation et un vrai succès en salles…

Le mot de la fin ?

Souhaiter que notre pe­tit groupe (6 per­son­nes réu­nis par la pas­sion du skate, du surf et du cinéma) réus­sisse à se dévelop­per en réu­nis­sant en­core plus de monde tout en sor­tant des clichés. Le surf et le skate sont aujourd’hui en pleine mu­ta­tion, en plein développe­ment mais ils restent basés avant tout sur un es­prit de lib­erté, de créa­tiv­ité et de dif­férence.

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